Histoire de l'Entité

Le village de Thuillies, au bâti relativement étalé, s’est établi en bordure de plusieurs
ruisseaux : le Ry de Donstiennes et celui du Moulin qui forment la Biesmelle, laquelle
reçoit de droite le Ry du Chessis ou de Baulet, traversant Ossogne, et le Ry de la
Houzée qui arrose cet autre hameau. Les deux premières confluences distantes de
500 mètres s’opèrent au coeur même du village.

Grâce aux publications de l’historien local Claude Hennuy, on connaît quelques
jalons anciens du passé de Thuillies. Si le territoire est occupé dès la préhistoire, la
richesse du sol en limon et sa fertilité favorisent, dès le haut Moyen-Âge (VIème-
VIIème siècles), la création de vastes domaines agricoles : établies à proximité des
ruisseaux, les fermes mérovingiennes sont à l’origine des hameaux actuels (Thuillies,
Ossogne, La Houzée).

Les champs entre Thuillies et Ossogne ont livré un cimetière mérovingien de plus de
100 tombes attestant de la densité de la population. Autour des implantations agricoles se sont groupées les cabanes des serfs (ouvriers) constituant des embryons villageois.

Lors de l’évangélisation au VIIème siècle, c’est au coeur de ceux-ci que les abbayes
érigent des lieux de culte. Celui de Thuillies est mentionné pour la première fois en
986.

Parmi les installations les plus anciennes, la ferme de la Cour faisait partie de la "villa Tiwiliacas" citée dans les possessions de l’abbaye de Lobbes en 868 et constitue le berceau du village de Thuillies.

Thuillies fut longtemps une seigneurie dépendant de l’abbaye de Lobbes, dont le
prélat portait le titre de seigneur de Thuillies, tandis que la chapelle d’Ossogne érigée
par l’Abbaye d’Aulne dépendait de la paroisse de Donstiennes.

Au début du XVIIIème siècle, le territoire de Thuillies compte un total de 67 foyers :
43 à Thuillies-centre (5 fermes et 38 maisons) et 11 à Ossogne (5 fermes et 6 maisons),
soit un total de 350 habitants. L’Inventaire du Patrimoine reprend une vingtaine de
bâtisses remontant principalement au XVIIIème siècle pour Thuillies-centre, et sept
pour Ossogne.

A la fin du XVIIIème siècle, Thuillies présente un habitat assez dispersé :
− de part et d’autre de la Biesmelle, deux axes approximativement nord/sud;
− sur le versant ouest, un axe assez rectiligne part de l’église, située au nord du
confluent des rus venant de Donstiennes : cet axe est bordé de bâtisses implantées
assez régulièrement et parallèlement à la voirie (rue de l’Yser). Au-delà de la courbe,
il forme un embranchement pour relier deux grosses fermes bâties rive droite (rues
de la Garenne et des Commères);
− sur le versant est, un axe plus accidenté à l’endroit de la confluence avec le ruisseau
du Chessis, correspond à la rue des Combattants et des Déportés se prolongeant vers
le sud par la rue de Donstiennes menant vers l’ancien moulin aujourd’hui disparu.

Cet agencement de voiries aux abords de la Biesmelle détermine encore la
physionomie actuelle du centre de Thuillies, caractérisée par un magnifique coeur
d’îlot verdoyant inséré entre deux des plus anciennes rues du village;

− recoupant ces deux axes, au sud de l’église, une artère approximativement
est/ouest, avec un bâti plus irrégulier, implanté perpendiculairement à la voirie et à
l’extrémité ouest du noyau villageois, le protégeant par sa situation dominante, et les
bâtiments imposants de la ferme de la Cour.

La place publique de Thuillies sera installée à la jonction de ces trois axes mais à
l’époque, elle n’est encore qu’un espace marécageux ou "trieu";
− au sud-est, le hameau d’Ossogne (à l’époque dénommé "Ausognes" ou
"Haussognes") est traversé par le ruisseau du Chessis. Le bâti est dispersé au
gré d’un réseau de ruelles bordées de vergers. La rue Saint-Hubert, dessinant
une courbe sud-ouest/nord-est, est ponctuée par plusieurs bâtiments importants :

− au sud de la rue, la chapelle du XIIIème siècle, reconstruite aux XVIème - XVIIème siècles;
− au nord et en bordure de celle-ci :
− le château d’Ossogne, attesté dès le XVIème siècle, se présente comme un
vaste quadrilatère ponctué de tours;
− la ferme du Jardinet, ancienne dépendance de l’abbaye du même nom, sise à
Walcourt;
− la ferme Buisseret, plus récente (XVIIIème siècle) à l’angle des rues;
− à l’ouest du hameau, les installations de la ferme d’Ossogne.

Les limites nord-est de Thuillies-village et du hameau d’Ossogne sont desservies par
une artère encore peu bâtie : la future rue de la Victoire, vieux chemin jadis
dénommé « marchand-voye » reliant Thuin à Walcourt et aujourd’hui voirie
principale.

Mobirise

Au milieu du XIXème siècle, le tracé de la place publique est clairement délimité : celle-ci marque le centre du noyau villageois à la rencontre des axes principaux, à
proximité de la confluence des deux rus qui forment la Biesmelle.

La localité de Thuillies connaît une forte expansion démographique durant le
XIXème siècle et sa population se multiplie par quatre : de 523 habitants en 1801, elle
passe à 1.367 habitants en 1846, ensuite à 1.980 habitants en 1910.

Cet accroissement se marque sur le terrain par la densification du bâti, le long des
voiries préexistantes. Au sud, à proximité du moulin, l’axe préexistant de la rue de
Donstiennes mène au quartier de Battegnée qui tend à s’élargir. Un nouveau quartier
apparaît le long de la rue de la Victoire (ancien chemin de Thuin), entre le village et
le hameau d’Ossogne : le quartier de Baulet, constitué de maisons ouvrières formant
une petite "cité" avant la lettre.

De nouvelles constructions apparaissent aussi, plus au nord, en direction de l’axe
reliant Gozée à Beaumont, route pavée construite en 1835.

La poussée démographique peut s’expliquer par la présence d’une série de petites
industries : plusieurs briqueteries depuis le XVIIIème siècle, deux sucreries au milieu
du XIXème siècle et des ateliers de construction métallique au début du XXème
siècle.

Du milieu du XIXème siècle à nos jours, les tendances amorcées au milieu du XIXème
siècle se concrétisent dans la situation actuelle, avec des extensions bien marquées du
bâti au sud, le quartier de Battegnée et à l’est, le quartier Baulet. Dans celui-ci, la rue
des Soldats est bordée de petits lotissements.

Au nord, le bâti s’étale le long de la rue de la Victoire (entre Thuillies-centre et Ossogne) et, vers le nord-ouest, rejoint l’axe de la route de Beaumont.

Quelques constructions postérieures à 1860 apparaissent dans le centre de Thuillies :
− à l’ouest de l’église, les bâtiments de l’école (1953);
− les constructions formant le front sud de la place publique, dont l’ancienne maison
communale, construite en 1875;
− certains tronçons de la rue des Combattants et des Déportés.

Par contre, certains fronts, notamment le long de la rue de l’Yser, sont encore très aérés.

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Source :
Ville de Thuin, Agence de Développement Local, sur base des travaux de Claude Hennuy
+32-(0)71 55 94 73